
Suite à un échange de rampe entre deux motos, j'ai récemment expérimenté à quel point la rampe de carburation était LA pièce maîtresse qui donne son âme à un moteur. J'ai eu très envie d'en comprendre le fonctionnement puis de partager ce que j'avais compris.
Afin d'aller au-delà du "on-dit" et de l'expérience individuelle, j'ai demandé en MP à quelques camarades de forum de m'envoyer leurs commentaires. J'ai eu des réponses précises et vous trouverez ici les retours d'expérience de Luc/Speedayto, Damien/Blackdam et Nanard.
Hors de la question des réglages fins, entretenir sois-même une rampe Mikuni est vraiment facile, et j'espère donner envie de le faire à ceux qui n'ont pas encore osé démonter cette partie de la machine. Et ça en vaut la peine! A la clé: rondeur de fonctionnement, agrément général et baisse (parfois spectaculaire) de la consommation.
Pour quelqu'un qui a l'habitude c'est 2 heures de travail, démontage nettoyage remontage compris. Comptez 45€ de joints toriques, et éventuellement 18€ de pointeaux.
I - Accès à la rampe de carburation
Rien de compliqué si on s'y prend dans l'ordre:
Déposer la selle, dévisser les quatre vis qui tiennent le réservoir, soulever le réservoir et le bloquer avec une pièce de bois le temps de décrocher les trois durites. (Celle du fond pilote le robinet par dépression, les deux sur le côté alimentent la rampe, ordre indifférent). Déposer le réservoir (bonne idée: le protéger dans une couverture) et décrocher les bobines pour faire un peu de place. Démonter les chambres de tranquillisation (il faut, hélas), décrocher le câble d'accélérateur à la poignée, reculer la boîte à air (1cm de marge), s'énerver et suer dix petites minutes et miracle, on se retrouve avec ceci :
II - La rampe Mikuni

Côté moteur - Les papillons sont commandés par le câble d'accélérateur. Ils doivent être synchronisé (par les 2 vis entourés des ressorts). On peut le faire avec une cale. On peut aussi le faire en soufflant dans le corps du carbu, ça marche super bien: finesse de réglage au quart de tour de vis.
Sur le dessus à côté des chapeaux: les plots de dépression (celui de gauche (sans son capuchon) pilote le robinet. Sur la moto il est à droite).

Côté boîte à air. Notez les fentes en demi-lune qui font monter aiguilles & boisseaux sous la pression de l'air qui arrive. En beige l'arrivée de l'essence et couleur crème les deux petits filtres à essence. Au-dessus dans l'ombre et en noir, la mise à l'air des carbu. Attention, si la plupart d'entre nous ont virés les durites qui viennent dessus, elles ont une fonction: faire en sorte que l'essence ne se répande pas sur le moteur chaud en cas de gamelle. Ui ui ui! Personne n'a jamais de gamelle et on a jamais vu de moto prendre feu... Moi je les ai remises ces durites. Faites comme vous voulez.

Vu de dessus - Chapeaux. On voit le point d'encrage du câble d'accélérateur entre deux corps, à gauche.

Vu de dessous - Cuves et vis de purge pour l'eau qui s'accumule. Souvent coincées à mort, ces vis viennent bien au tournevis plat à condition que ce soit un bon.
A gauche, la molette de réglage du ralenti par les papillons. Attention, la vis qui tient cette pièce est en merdinium cacaboum, elle foire rien qu'en étant regardée.
L'entretien consiste essentiellement à démonter le dessus (chapeaux) et le dessous (cuves), à nettoyer le tout avec un dégraissant sec en bombe (6€, radical: merci Nanard pour le conseil), à nettoyer au Belgom alu les guides des boisseaux (petite cause mais grands effets), puis changer tous les joints pour du neuf, et éventuellement les pointeaux dans les flotteurs.
Il suffit alors de remonter le tout avec les réglages standards pour avoir une moto qui marche.
Si vous ne pouvez pas le faire vous-même, A Paris Damien le fera (BlackGarage, je cherche son site web, il en a un?), par la Poste Trimax aussi (bien connu) et une super adresse pour les sudistes: MotoZone alain.navatel@gmail.com, comptez 250 à 350€, résultat décoiffant (testé par Guillaume, et je confirme, après avoir essayé sa machine. Bon faut dire aussi que le moteur en lui-même de la T301 de Guillaume a reçu un entretien au top, par Damien).
Si on veut optimiser sois-même c'est un peu plus compliqué mais pas insurmontable: On peut jouer sur les gicleurs principaux et ralenti (effet en haut des tours), sur le perçage des boisseaux (montée en régime/frein moteur), la force des ressorts (montée en régime/frein moteur), la hauteur de cuve (décisif! à ne pas négliger), le choix d'aiguille et puits d'aiguille (le standard va super bien, s'il est en état), la hauteur d'aiguilles (au plus haut ou presque), et et et... les 3 vis de richesse (stabilité du ralenti). On détaillera tout ça dans la suite du post. Neuf paramètres, donc, et il n'y en a pas d'autres.
III - Démontage des chapeaux
Les vis de la rampe sont fragiles et d'assez mauvaise qualité, donc prenez votre meilleur tournevis en croix empreinte Philips et vérifiez qu'il est parfaitement adapté. Deux vis tiennent les chapeaux, si vous les dévissez vous trouvez ceci:

Faites bien attention au petit joint torique. (On le voit en bas, sous la jupe, le petit cercle noir de 5mm).

Il est facile de décrocher la jupe en silicone, vérifiez-là elle peut vieillir et se fendre. Allez-y doucement, c'est fragile. Et c'est cher quand il faut la changer: 31€ pièce sans les frais de port et x3

Vous allez rapidement vous retrouver avec les boisseaux dans la main. Au fond du puits: l'aiguille.

... qui se trouve habituellement positionnée au quatrième cran (ou au troisième).

Pour avoir accès aux guides des boisseaux il faudra démonter la cuve. Pour démonter le puits d'aiguille que vous voyez sur cette photo, l'astuce (donnée par Luc) est de dévisser de 2 filets le gicleur principal et de donner quelques petits coups de manche de tournevis dessus ---> il se décroche vers le haut.
Il faut que je fasse d'autres photos pour la suite mais y a aucun mystère. Faut déposer les cuves, sortir les flotteurs, tout nettoyer et changer les joints. Régler la hauteur de cuve avec un tournevis en agissant sur la lame en acier, huiler les joints à la vaseline et tout remonter.
Au passage vous constaterez à quel point le SP95 moderne sèche tous les joints.
Une idée des prix pour les petites pièces

1 COVER. CARB (€ 29.20)
2 CREW. CARB COVER (€ 0.80)
3 SPRING. PISTON (€ 3.96)
4 SPACER. SPRING ( 0.80)
5 CIRCLIP (€ 0.80)
6 SPACER NEEDLE (€ 1.01)
7 NEEDLE 5E56-3 (€ 6.92)
8 DIAPHRAGM (€ 14.68) (La jupe en silicone. Elle vieillissent bien, mais "à surveiller")
9 PISTON VALVE CARB 1 VENT (CC) (€ 35.07) A changer si perçage malheureux ou usure)
10 NEEDLE ASSY. CHOKE (€ 3.20)
11 PILOT JET 40.0 (€ 7.84)
12 PILOT AIR SCREW (€ 7.06) Ici moins cher: http://www.louis.de/_30cfc7daab406108ec ... r=10043000" onclick="window.open(this.href);return false; Réf. supposé 10043006 (Suzuki GSX-R 750)
13 NEEDLE JET. 0-8 (€ 21.74)
14 MAIN JET. 120 (€ 7.48) Cylinder N° 2 - Choisissez autre chose: Bihr en 135 par exemple
14 MAIN JET.125 (€ 7.48) Cylinder N° 1 & 3 - Idem en 137
15 O RING (€ 3.82)
16 SCREW. FLOAT CHAMBER DRAIN (€ 2.26)
17 SCREW CARBURETTOR (€ 0.80)
18 SEAL. FLOAT CHAMBER (€ 6.68)
19 FLOAT ASSY (€ 39.20) Flotteurs de cuve: là aussi ça fait mal si vous en cassez un.
20 O-RING. CARB. VACUUM PIPE (€ 0.80)
21 SPRING.PILOT SCREW (€ 6.59)
22 WASHER.PILOT SCREW (€ 6.59)
Pour chaque carbu, les joints toriques nécessaires sont les suivants:
(diam intérieur x diam tore)
- 3 mm x 1 mm (richesse)
- 3,5 mm x 1,5 mm (dépression)
- 5 mm x 1,5 mm (flotteur)
- 7,5 mm x 1,5 mm (pointeau)
- 10 mm x 1,5 mm (pied de guide de boisseau)
Norme des matières: (commentaire de Luc éventuellement stp)
PC851 (NBR 80) - Qualité standard
Produits pétroliers liquides (huiles, carburants, graisses)
Produits pétroliers gazeux (butane, propane)
Air comprimé
Température maximum 120°C
Eau jusqu’à 80°C
Dureté 80 Shores A
DF801 (FPM 80) - Qualité technique
Très bonne tenue à la chaleur jusqu'à 250°C
Très bonne tenue aux produits pétroliers : fluides hydrauliques ininflammables, solvants aromatiques et aliphatiques
Très bonne tenue aux produits chimiques en général
Très bonne tenue au vide poussé
Dureté 80 Shores A
EP851 (EPDM 85)
Eau et vapeur d'eau jusqu'à 170°C
Glycols
Produits chimiques minéraux
Acides-Bases
Liquides de freins (non pétroliers)
Excellente résistance aux intempéries
Dureté 85 Shores A
PB701 (NBR 70)
Produits pétroliers liquides (huiles, carburants, graisses)
Produits pétroliers gazeux (butane, propane)
Air comprimé
Température maximum 120°C
Eau jusqu'à 80°C
Dureté 70 Shores A
(On voit aussi la norme BN70, je ne sais pas à quoi ça correspond).
Prix indicatif d'un joint : 1,50€.







